amitié homme/ femme, erreur ou privilège?

17 Mars 2013

AMITIÉ HOMME/FEMME... DANGER OU PRIVILÈGE?

L’amitié est une chose essentielle. Tout comme l’amour, elle est source de bonheur, mais à un autre niveau.

Combien de personnes se confient à leur meilleur(e) ami(e) alors qu’à la personne qui partage leur vie, elles préfèrent taire leurs inquiétudes? Une grosse moyenne. Alors quand l’ami(e) est de l’autre sexe, n’est-ce pas courir après les problèmes? Plus d’un conjoint(e) crierait haut et fort que j’ai raison, du moins ceux qui se sont fait jeter suite à cet étrange attachement. Pourquoi certaines personnes nous attirent plus que d’autres? Atomes crochus, intérêts communs, les heures passées à se côtoyer au boulot, une expérience triste, le voisinage, les choix sont multiples. Aucun n’est garant d’une belle complicité.

On doit se fier à nos antennes qui nous poussent irrémédiablement vers ce nouveau complice. Dans notre quotidien, si nous traversons une période difficile et qu’une autre personne vit la même chose ou qui s'en est sortie récemment, elle devient la mieux placée pour comprendre nos états d’âme. Et avant que vous ne vous insurgiez, cela ne mène pas automatiquement à une séparation, un divorce ou pire, à une vie extra-conjugale. Même si c’est une probabilité. Et j’insiste sur le DERNIER mot.

DES PREUVES! EN VOICI.

  • Elle possède son entreprise, qui est sise à l’intérieur d’une autre. Tous les jours, elle socialise avec le gérant de l’autre boutique. Il est plus jeune, beau garçon, très avenant, et surtout, démontre beaucoup d'affinités avec elle. Au fil du temps, leurs intérêts communs habitent leurs conversations, accentuent leurs aspirations. Leur amitié se développe. Constamment il la fait rire, l’amuse et l’encourage dans ses projets. Les deux admirent le potentiel de l’autre. Elle est en couple depuis longtemps, lui célibataire qui batifole aisément. Elle aurait pu tomber dans ses filets. Bien de ses proches auraient compris, et des demoiselles en auraient profité. Il est séduisant, tout le monde le trouve divertissant, serviable, respectueux et terriblement sexy. Mais elle le perçoit différemment. Un homme intelligent, intéressant qui ne la juge jamais, qui l’écoute et connaît ses ambitions. Il lui a avoué que des clients lui ont demandé s’il y avait quelque chose entre eux, tellement leur complicité transparaissait. Ils en ont ri. Leur retenue n’a jamais dévié. Pourquoi détruire ce qui est fort et profond pour une simple partie de jambes en l’air? De plus fragiles auraient flanché, pas eux. 

  • Elle chante dans un groupe de musique et son conjoint n’en fait pas partie. Les pratiques se font chez l’un des membres et le fun est toujours au rendez-vous. Elle est la plus jeune, mais le claviériste et le batteur sont dans le même groupe d’âge. En tant que soliste, elle s’acquitte également de l’animation des soirées. En plus de côtoyer des hommes tous les weekends, elle voyage en leur compagnie, car son conjoint ne suit pas le band. Ils se font confiance et c’est la clé. Tout est facile dans ce monde de musique et de party, surtout la séduction. Les déplacements sont nombreux, les arrivées se font souvent au lever du jour, les invitations ne manquent pas. Une fille qui se cherche un mec pour terminer la nuit n'a qu'à choisir. Les prétendants poussent comme des coquerelles. Et pour ses soupirants, les moments idéaux pour attaquer sont les intermissions. Alors que la chanteuse aspire à une petite pause tranquille, y’a toujours un Jules qui tente une approche directe. Les préjugés de la proie facile ont la couenne dure. Le pauvre, s’il savait combien il a tout faux sur son compte. Ses complices et amis la protègent. Chaque soir un musicien se fait passer pour son chum, l’accompagne au bar et l’attend à la sortie des toilettes. Il l’appelle ma chérie pour éteindre toute tentative de cruise. Cette amitié a fait ses preuves et jamais la demoiselle n’a été impliquée dans des situations compromettantes.  

  • Le Net, une autoroute où les amitiés virtuelles prennent vie en vitesse grand « V ». Éphémères chez plusieurs, banales chez d’autres, parfois il jaillit une lumière qui rapproche des inconnus. Celle-ci est source de complicité. Comme si elle réunissait des êtres qui devaient se retrouver. Cela peut survenir d'un échange insignifiant sur un mur et peu à peu se forgent des liens. 

  • Deux facebookiens qui sont en couple, oeuvrant dans un travail connexe, habitant des régions voisines, commentent sous un posting d'une amie commune. Les circonstances leur permettent de se rencontrer et c’est la confirmation. Dieu qu’ils ont du plaisir à se voir, à discuter,  à se côtoyer! Les courriels, les appels, les moments volés à travers leur horaire de fou deviennent des instants de bonheur pour eux. Les conjoints connaissent leurs affinités. Comme ils affichent ouvertement leurs liens et leurs rendez-vous, pas de quoi s’en faire. Et c’est encore ainsi. L’un fut contraint de s’éloigner pour son boulot, mais quand cela leur est possible, ils se téléphonent, s’informent, entretiennent leur amitié.  Un sentiment aussi sincère et solide, personne n’en viendrait à bout, pas même ces rumeurs comme quoi ils étaient amants. Ils en ont ri. La jalousie, les langues sales, comme aime dire un membre du duo, des ragots qui animent leurs conversations. Tant pis. Ils en font fi. Y’a autre chose à faire que de s’attarder sur des insignifiances. 

  • S’entraîner aussi tisse de lien. Comme la mode est à la performance, tout le monde veut être en forme, rester jeune, performer, se dépasser, suivre la vague. Les gyms regorgent de possibilités mais pour certains, d’opportunités. Les groupes sont mixtes, donc les dangers pour ceux qui en voient partout sont encore plus présents. Pourtant, entre une personne qui enseigne et celle qui suit la formation, des liens se construisent peu à peu. Il arrive que ceux-ci débordent de l’encadrement. Devrait-on fuir? Refuser l’intérêt commun en dehors du contexte sous prétexte que cela pourrait engendrer une ouverture vers, vers quoi au juste? Une amitié. Rien de plus. D’abord un mot gentil, des taquineries, puis des confidences et enfin, réaliser qu’on partage beaucoup de points de vue. EST-CE MAL? Le ou la partenaire n’aime pas l’entraînement. Ses loisirs se situent ailleurs. Prof et élève ont bien fait de s’écouter. Leur rapprochement en valait la peine. Y’a des gens qui ont vu là prétexte à inventer des sentiments autres qu'une complicité. Ils n’ont rien compris. 

  • J’ai une amie qui a, comme elle aime le nommer : un chum de brosse. Ça ne veut pas dire qu’elle lève le coude chaque fois qu’elle le rencontre. Tout simplement, elle aime s’asseoir avec lui, prendre un verre, un café, une liqueur, même, et discuter! Ils échangent sur divers thèmes, ont du fun. Qui ça dérange? Elle ne lui saute pas dessus, ne l’embrasse pas, elle sirote un truc en jasant. Comme elle le ferait avec une copine, sauf que cette copine n’a pas de seins, mais un truc de plus dans sa culotte. Et alors!? Encore une fois, les médisances. Pourtant, si un homosexuel se promène avec ses copines ou qu’une femme annonce qu’elle fait une sortie avec son ami gai, personne n'interprète leur relation en insinuant qu’ils couchent ensemble. C’est normal, ce gars n’aime pas le sexe avec les filles. Les préjugés ont le mérite d’être tenaces. Tellement ridicule.

Je ne suis pas naïve et je ne joue pas à l’autruche, y’a l’autre côté de la médaille. Celui qui a pourri la vie des biens des gens, qui a fait de multiples victimes d’amitié/amour, celui qui a semé de terribles discrodes. Malgré cela, je préfère me concentrer sur ce qui m'apparaît positif dans la vie. Être sincère, m’écouter, m'a ouvert de nouveaux horizons. Ce genre d’amitié «  hors normes » m’a menée sur des discussions géniales, enflammées, m’a montré que le sexe n’est pas le dénouement unique d’une relation homme/femme, qu’il existe autre chose de puissant, de platonique, d’encourageant, d’exceptionnel. On se sent privilégié de toucher le cœur d’un ami. Qu’il soit homme ou femme. Tant pis pour ceux qui ne comprennent pas, tant pis pour ceux qui n’y croient pas. Ils se privent d’intenses connexions.

De mon côté, j’ai de précieux compagnons masculins. Mon chum n’aime pas lire, s’intéresse peu à ce qui touche ce milieu. Il ne me barricade pas pour autant. Au contraire, il accepte que je m'épanouisse pour savourer ces opportunités avec des adeptes, avec des amis qui partagent ma passion, qui me suivent ou qui eux-mêmes circulent dans mon univers. En lisant mon texte, ils se reconnaîtront et souriront. Nos liens dépassent l’amour, c’est la simplicité, l’authenticité, l’admiration réciproque envers la personnalité de l’autre qui nous ont séduits. Ce genre de relation émerge du cœur, de plus loin encore. Notre amitié soude nos âmes par nos visions communes. J’ai un ami qui habite à l’autre bout de la terre; je pense souvent à lui. Nos valeurs profondes se rejoignent, peu importe où l’on se situe. Un privilège qui n’a pas de prix autre que celui de la sincérité. 

Si vous partagez une relation de ce genre, ne vous en privez jamais pour faire taire les mauvaises langues. De toute manière, de pires trouveront le moyen de déblatérer sur ce que vous êtes : différent, en dehors des normes. Vous les dérangez. Quand vous n’avez rien à cacher, renoncer serait leur concéder l'importance qu’ils ne méritent pas. Contentez-vous de l’accorder à ceux qui en sont dignes : vos amis exceptionnels, qu’ils soient hommes ou femmes, un(e) ami(e) vaut la peine qu’on se batte pour lui(elle).

Source: http://www.lametropole.com/blog/lolita-leblanc/amitié-homme-femme-danger-ou-privilège

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